Le Groupe Cegedim développe en 2017 ses activités en Roumanie. Interview avec Petru Crăciun, directeur général Cegedim

Depuis quand le nom Cegedim est apparu en Roumanie?

Le Groupe Cegedim est entré en Roumanie au début de la décennie passée, en Février 2001, comme résultat de sa position dans les services spécialisés pour l’industrie pharmaceutique et aussi parce que le marché roumain avait commencé à promettre, même si la perspective d’adhésion de la Roumanie à l’Union Européenne était encore incertaine. Le début a été fait avec l’achat de la compagnie Exmarket Global Pharma, une compagnie qui avait déjà une expérience de 7 ans dans le marché local et une bonne position dans le secteur concerné; je conduisais la compagnie à ce moment – après que je l’avais fondée et j’étais l’un des actionnaires – et je l’ai transformée en Cegedim Roumanie, filiale 100% du groupe Cegedim.

 

Comment s’est déroulée l’intégration dans le groupe, si vous avez traversé cette période?

L’intégration s’est bien déroulée, très bien en fait, c’était ma seconde expérience de ce genre, après l’interaction avec les autres pays et cultures est-européennes du groupe Exmarket. Cegedim avait et a un portefeuille impressionnant d’activités produits et services, et la maturité institutionnelle et l’expérience de management du Groupe étaient à un autre niveau, beaucoup supérieur au précèdent. La culture et la civilisation française, bien connues et appréciées en Roumanie, ont contribué d’une manière significative au succès de l’intégration, au-delà de ses components purement techniques ou organisationnels. Il y avait aussi des risques, bien sûr, le plus grand étant celui de la communication, en particulier quand les interlocuteurs ont été forcés de se comprendre dans une langue tierce (soit le français pour les interlocuteurs du groupe d’autres pays que la France, soit l’anglais pour les interlocuteurs français du groupe), le risque étant de mal comprendre le message ou les conclusions, mais tous les épisodes importants ont été gérés correctement. L’intégration a duré trois ans, comme prévu, et en 2004, même si le noyau-clé a été conservé intégralement, nous étions déjà une autre compagnie, pas seulement du point de vue du nom, mais aussi de la dimension, des activités, d’approches et des capacités.

 

Quelle a été l’évolution après l’intégration?

Même si les activités, les produits et les services se sont multipliés et ont évolués continument, la philosophie centrale a été et continue de rester autour du client et du service du client, et c’est sur cette base que nous avons construit une réputation extraordinaire pour Cegedim dans le secteur pharmaceutique. En 2007, au moment où la Roumanie est devenue membre de L’Union Européenne, on avait déjà ici une filiale mature et efficace dans le groupe. Dans les premiers 10 ans sous la sigle Cegedim nous avons réussi une croissance de plus de 7 fois de la chiffre d’affaires, en accompagnant l’industrie pharmaceutique sur sa route ascendante. Je soulignerais ici le fait que beaucoup des activités dédiées aux nos clients avaient comme finalité la croissance de la transparence (en particulier dans la zone de ventes et marketing, mais pas seulement ici) et qu’un marché, tout marché, comme toute société, ne peut pas se développer sans l’assurance d’une certaine transparence.

Une fois que la crise économique a évolué, deux évolutions importantes se sont passées:

La première a été que les activités consacrées ont stagné, en même temps avec la stagnation de tout marché pharmaceutique. Le problème n’est pas la stagnation du marché en soi, parce que tous les marchés matures ont tendance à stagner, mais que le marché stagne sans être mature, surtout après quelques décisions de réglementation – et le fait qu’on a des besoins thérapeutiques non couverts ou qui ne sont pas assez couverts, aussi comme beaucoup de décès évitables, est un motif important de préoccupation, la Roumanie étant l’une des pays qui ont besoin de repenser sérieusement leur système de soins de santé. Une conséquence de cette stagnation, aussi de l’évolution de l’industrie pharmaceutique au niveau global, a été la transformation de Cegedim Roumanie en Cegedim Customer Information, par la cession de deux équipes, après une transaction internationale annoncée en 2014.

La seconde évolution a été le fait que Cegedim, en bénéficiant des compétences clés et de son grande expérience dans les pays de l’Europe de l’Ouest et tout en anticipant les évolutions futures, s’est diversifié aussi sur le marché local, en débutant dans le marché des fournisseurs de software pour docteurs et pharmaciens. Cela s’est passé en 2010 avec l’acquisition de la compagnie Pharmec Healthcare Software, la plus importante unité de la compagnie Pluriva, l’ancienne Montero Soft. Il a suivi une autre période d’intégration et de mélange de la culture organisationnelle, et de l’amélioration du portefeuille des activités et de produits. A présent, la compagnie renommée Cegedim Rx est leader sur le marché software pour les fournisseurs des soins de santé pour l’ambulatoire, médecins et pharmacies.

 

Comment appréciez-vous le marché de software médical et pharmaceutique, en comparaison avec le marché des médicaments?

Le marché de software est en général intéressant et attractif, en particulier dans la lumière de l’évolution continue et du degré élevé d’innovation, dont le marché de software médical et pharmaceutique ne fait pas exception, tout en ayant ses particularités et spécificités. Malheureusement la Roumanie, même si elle a des atouts importants dans l’industrie IT, ne prend pas toutes les mesures nécessaires au développement sain du marché local d’IT, la majorité des revenus des compagnies de cette industrie provenant de l’export. En plus de la modalité perfectible de penser les grands projets et de la répartition des contrats du secteur publique, je donnerai comme exemple le rôle moins positif que le Ministère de Santé et la Maison Nationale d’Assurance Maladie jouent dans ce domaine, qui au lieu de mettre au premier plan le bénéfice du patient et l’augmentation de la performance et de la satisfaction du personnel médical et pharmaceutique, augmente les contraintes administratives et budgétaires qui au final influencent l’évolution du domaine entier d’une façon plutôt négative. Le client et le service du client vont rester la clé du succès sur ce marché aussi. Cegedim reste impliqué et profondément intéressé de l’évolution de ce domaine à moyen et longue terme, en étant convaincu qu’il n’y a pas de développement économique significatif sans impact positif aussi sur les soins de santé, cela étant l’une des préoccupations de base dans toutes les sociétés matures.

 

Quels autres plans de développement a Cegedim pour la Roumanie?

L’une des ressources de première catégorie de la Roumanie sont les gens, et à longue terme l’éducation et la santé devraient représenter des vrais priorités nationales, capables de faire de notre pays un vrai participant à la modernité.

En connaissant l’importance et la qualité de cette ressource, en 2017 nous avons lancé le projet d’un centre de services desservant le marché français à travers autres organismes du groupe. Un premier et important bénéficiaire est déjà la division d’assurance maladie, qui est la première en France dans les services de courtage compagnies d’assurance maladie, grandes et petites, au grand public. Les premiers résultats étant plus qu’encourageants, on pense élargir le nombre de bénéficiaires internes dans la période suivante. Pour moi personnellement c’a été une grande satisfaction de recevoir de tous les interlocuteurs impliqués dans ce projet beaucoup de louanges concernant la qualité du matériel humain de la Roumanie; encore une fois, l’affinité culturelle entre les deux nations met son empreinte de façon positive dans l’évolution d’un projet concret. Le centre est censé dépasser 100 personnes jusqu’à la fin de l’année, le personnel étant complètement employé en 2017, et la perspective en 2-3 ans est d’environ 300 personnes, avec une évaluation à suivre sur l’ouverture d’autres points de travail à l’extérieur de Bucarest.

Même si au début on est orienté vers l’extérieur, ce centre de services représente une nouvelle étape dans le développement de Cegedim en Roumanie, par l’augmentation des compétences et de la capacité de l’organisation locale, en envisageant qu’une partie de cette compétence et capacité future soit utilisée aussi en plan local, lorsque les besoins et les évolutions de notre système de santé le feront possible et approprié.

Photo: Cegedim Boulogne

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