BUSINESS SUPPLEMENTS

M. Eric FAIDY , Président Chambre Française de Commerce et d’Industrie en Roumanie (CCIFER): La Roumanie restera un pays attractif pour les investisseurs si elle continuera à mettre l`accent sur une économie innovatrice

Les relations commerciales et de coopération économique entre la France et la Roumanie ont connu une croissance très importante dans les dernières décennies. En 2014, la valeur du commerce entre les deux  pays  dépassera 7 milliards d’euro. Comment caractérisez-vous cette situation et quelle est votre estimation pour 2015?

 

La Roumanie est un pays avec une grande densité d`investisseurs français par rapport aux autres pays de l`Europe Centrale et de l`Ouest. En Roumanie il y a plus de 3 500 sociétés à capital français qui génèrent plus de 100.000 emplois. Presque tous les grands investisseurs français sont déjà en Roumanie, mais sont les PME qui produisent cette présence.

Tous les indicateurs économiques et le statut actuel de la Roumanie nous indiquent le fait que pour  2015 le pays aura une tendance positive vers la stabilité et le développement des différents secteurs d`activité. Par exemple, le secteur des services est de plus en plus attractif pour les investisseurs à long terme qui souhaitent développer des nouvelles activités en Roumanie : le centre de recherche de Titu pour Renault ou les centres de services pour des sociétés comme Michelin, Renault, ou Société Générale.

 

La France et la Roumanie ont enregistrées non seulement une dynamique puissante d’échanges des marchandises. Le partenariat économique entre les deux pays connaît un savoir-faire supplémentaire apporté par les entreprises françaises en Roumanie. Quels secteurs de la  coopération technologique sont les plus puissant? Quels sont les résultats de cette collaboration?

 

Les investisseurs sont intéressés par le secteur IT&C et les services, le secteur automobile et l’agriculture. Ces secteurs représentent une  opportunité pour la Roumanie de passer d’un model de développement low-cost vers un développement avec une valeur ajoutée.

Les futures relations économiques seront basées sur les nouvelles technologies et l`innovation et la plupart seront développées par les PME.

Cluj-Napoca, surnommée « la Silicon Valley de l`Europe »  et la Capitale de la Jeunesse en 2015 provoque Londres en termes de leadership pour le développement des nouvelles technologies en Europe.

Le secteur automobile emploie 200 000 personnes en Roumanie et l`agriculture à des besoins de plus en plus évidents de management et d`équipements modernes.

Les sociétés françaises sont présentes dans tous les secteurs économiques et elles continueront à investir. Par exemple, les années derniers Hutchinson a ouvert une nouvelle ligne de production, Eurocopter a ouvert une nouvelle usine.

 

CCIFER  est l’une des institutions prestigieuses dans le  paysage économique de la Roumanie. Quelles sont les réussites et les  projets de la  CCIFER?

 

La CCIFER est la communauté d`affaires qui offre le plus d`opportunités pour ses membres, les sociétés et les  individus.

CCIFER est la deuxième plus grande Chambre Etrangère de Roumanie, avec 450 membres et une activité  croissante.

Notre croissance est basée sur des valeurs communes et d`intérêts convergents (leadership, l`engagement, l’ouverture, l`innovation et la compétitivité) et est devenue un acteur clé et un leader sur le marché d`affaires de Roumanie :

La CCIFER  a commencé l`année 2015 avec un changement des locaux, ce qui est en concordance avec la stratégie de développement et qui nous aidera à mieux répondre aux besoins de nos membres.

En 2014 nous avons réalisé 75 jours de formation dans notre centre de formation, 40 événements, 100 nouveaux membres. Pour l`année 2015 nous souhaitons augmenter notre communauté à 500 membres avec la stratégie de renforcer et de développer les activités de nos Groupes de Travail, du  centre de formation et de l`incubateur d`affaires.

Nous voulons être une vraie « maison »pour les sociétés françaises et pour nos membres et de les encourager à visiter nos bureaux et d`utiliser nos espaces pour leurs besoins.

 

Les investissements français en Roumanie ont un fort impact sur la dynamique de notre économie. Quelles sont les investissements français en Roumanie et dans quels secteurs se manifeste le plus fortement?

 

Les investissements français en Roumanie ont touché plus de 7 Mds d`EUR, l`année dernière, ce qui positionne la France au 4eme rang des investisseurs étrangers derrière les Pays-Bas, l`Autriche et l`Allemagne

Les secteurs porteurs et en même temps les opportunités que le marché roumain offre aux investisseurs sont la production d`équipement industriel, l`énergie, l`agriculture, l`IT (surtout le développement des logiciels), les télécommunications, le secteur bancaire & les assurances, l`industrie et les services, le secteur textile.

 

Vous pouvez faire une estimation des investissements économiques et financiers de la France en Roumanie dans les années à venir ?

 

Je suis optimiste en ce qui concerne les relations entre le France et la Roumanie et je pense qu`elles vont aller plus loin, mais c`est aussi notre rôle comme Chambre de Commerce Française de coordonner et de renforcer ces relations en mettant en priorité l`expertise et le savoir-faire au service des sociétés à travers les Groupes de Travail, le Centre de Formation, l`Incubateur d`affaires.

 

Vous appréciez  l’environnement des affaires en Roumanie?

 

Des sujets comme la fiscalité, la justice, l`éducation et l`infrastructure représentent les piliers d`une croissance stratégique de l`économie de la Roumanie

Les investisseurs sont intéressés par le développement de la Roumanie en terme de compétitivité de la qualité du travail, par le niveau d`innovation dans le secteur de la production et la diversification des services.

La Roumanie restera un pays attractif pour les investisseurs si elle continuera à mettre l`accent sur une économie innovatrice,  avec une valeur ajoutée.

 

Après votre avis le Gouvernement de Bucarest et les ministères ont une attitude  pro-business ou  la bureaucratie est plus forte que les bonnes intentions des autorités?

 

C`est vrai qu`il y a encore de la place pour développer le milieu business de Roumanie, mais nous nous ne pouvons pas mettre l`accent seulement sur les facteurs politiques ou diplomatiques, le milieu business c`est aussi contextuel et influencé par des facteurs de décision globaux.

Nous n’avons pas changé nos attentes, nous souhaitons avoir un dialogue ouvert et constructif de deux cotées et des véritables leviers pour renforcer les relations entre la France et la Roumanie.

Ceux-ci seront un avantage pour le développement  économique des deux pays.

 

Avez-vous le sentiment que la corruption est un obstacle pour les investisseurs étrangères ?

 

C’est important que toutes les institutions de l’Etats fassent leur travail – c’est qui donne confiance aux investisseurs. La transparence, l’éthique dans les affaires sont des éléments essentiels pour attirer des investisseurs sur un marché de plus en plus mature, et surtout pour les garder dans la durée.

 

Dans les dernières années notre Gouvernement a développé de bonnes politiques économiques? Quelles sont les points faibles dans la politique économique de notre Gouvernement?

 

Des sujets comme la fiscalité, la justice, l`éducation et l`infrastructure représentent les piliers d`une croissance stratégique de l`économie de la Roumanie. Mais, la formation professionnelle c`est une des difficultés que rencontrent toutes nos  entreprises, surtout le manque de compétence technique des personnes que nous employons dans nos usines, dans nos différentes activités.

Alors, bien entendu, les entreprises s`organisent pour pallier cette lacune, comme c`est l`exemple d`une dizaine des sociétés françaises qui se sont organisées entre elles pour créer une école de formation technique sur les métiers de la plasturgie, à Timisoara. A Fagaras il y aussi  une initiative du même type avec un groupe de sociétés françaises qui se sont réunies pour créer une école de formation technique.

En partie, c`est vrai que c`est le rôle des entreprises de former le personnel, mais je crois que lorsqu’on réfléchit à la compétitivité à long terme de la Roumanie, il y a là un sujet sur lequel l`état pouvait faire beaucoup plus, beaucoup plus vite et beaucoup mieux que quelques entreprises qui s`organisaient pour régler leur problème à court terme. Il ne faut pas changer le cadre législative, parce que tout est là, mais nous avons besoin de moyens, d`un focus sur ce sujet qui représente un vrai problème pour le développement à long terme de la Roumanie.

 

Pensez-vous que la Roumanie a une bonne structure industrielle?

 

La Roumanie se situe parmi les économies les plus dynamiques de l`Europe Centrale et Orientale, avec une industrie qui représente environ 30% du PIB roumain. Les exportations roumaines vers la France ont connu une croissance record de 54% en 2013, pour atteindre 4,25 Mds. EUR. Cela s’explique presque uniquement par les exportations de véhicules automobiles.

 

Quelles sont les chances de la  coopération entre la Roumanie et la France  dans l’agriculture et l’industrie alimentaire?

 

La Roumanie est un important pays agricole, et le Groupe de Travail Agriculture de la CCIFER en collaboration avec  l’Ambassade de France, a élaboré un Livre Blanc de l`Agriculture qui propose aux autorités roumaines des mesures censées dynamiser le secteur agricole et agro-alimentaire roumain.

Ce Livre blanc de l’agriculture roumaine est témoigne de l’engagement à long terme des entreprises françaises installées en Roumanie, premiers investisseurs dans ce domaine d’activité.

Les 29 propositions sont tirées de l’expérience et de l’expertise développées par les entreprises françaises, sont concrètes, opérationnelles et orientées vers un développement agricole durable et responsable.

Elles ont vocation à nourrir les réflexions en cours sur l’avenir de l’agriculture roumaine et à venir en appui des réformes, étant groupées en cinq domaines clé : les politiques publiques agricoles, la fiscalité et les financements, le droit commercial, le droit social & les ressources humaines et la recherche.

 

 

 

 

 

 

 

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