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SEM Bogdan Mazuru, Ambassadeur de Roumanie en France: La richesse de la relation franco-roumaine est impressionnante

Excellence, la France et la Roumanie vont fêter au 20 février 2015 135 ans des relations diplomatiques. Depuis plus d’un siècle, entre les deux nations et les deux peuples les relations bilatérales ont été fondées sur l’amitié et la confiance. Voulez-vous souligner quelques moments essentiels entre la Roumanie et la France?

 

La relation entre la France et la Roumanie est une construction de longue durée – plus de deux siècles, fondée sur des systèmes de valeurs communes et d’échange d’idées, mais aussi sur des complicités et affinités établies entre deux visions comparables du monde. La France a été un des premiers Etats qui ont établi, en 1880, des relations diplomatique avec le jeune Etat roumain qui venait d’obtenir son indépendance. La richesse de la relation franco-roumaine est impressionnante, ce qui rend la tâche de choisir certains des moments significatifs d’autant plus difficile. Mais, comme nous avons déjà commencé les manifestations pour la commémoration du Centennaire de la Grande Guerre, je crois qu’il faut la nommer ici, encore une fois, car ce fut l’évènement qui a permis, grâce au soutien français notamment, la création de l’Etat unitaire moderne roumain en 1918. Le second moment que je voudrais mettre en évidence est toujours lié à l’évolution étatique de notre pays et il s’agit de la Révolution roumaine de décembre 1989. La France et le peuple français ont manifesté leur solidarité et leur soutien aux efforts acharnés et ensanglantés des jeunes roumains dans leur quête de la liberté et de la démocratie.  Il ne faut pas oublier non plus le rôle fondamental joué ensuite par la France en faveur de l’intégration de la Roumanie dans les structures politiques et de sécurité européennes et euro-atlantiques.

 

Dans ce contexte, pourriez-vous nous parler de votre action en tant que chef de la diplomatie roumaine en France pour développer davantage la collaboration entre les deux pays?

 

Je crois que les relations bilatérales entre la Roumanie et la France ont connu ces deux dernières années un essor considérable. Pour ne vous donner que quelques exemples, il suffit de regarder l’agenda de contacts de très haut niveau qui ont eu lieu depuis l’année 2013: visite au mois de février 2013, du Premier ministre roumain Victor Ponta à Paris et signature de la nouvelle Feuille de Route du Partenariat Stratégique franco-roumain, suivie de près par la visite du Premier ministre français à Bucarest, au mois de juillet de la même année. Et là, nous venons de commencer l’année 2015 par la visite officielle du Président roumain à Paris, dans un contexte chargé d’une importance particulière pour l’avenir de sécurité de l’Union européenne. Et à cela s’ajoutent les dizaines de contacts ministériels dans plusieurs domaines- clés – économie, culture, éducation, défense, agriculture etc, ainsi que des entretiens substantiels au niveau des deux Parlements.

 

Les relations bilatérales entre la Roumanie et la France sont basées depuis plusieurs ans par le partenariat stratégique. Quels sont maintenant les principaux coordonnées de ce partenariat stratégique entre la Roumanie et la France?

 

Le Partenariat Stratégique entre la Roumanie et la France régit notre coopération depuis plus de 7 ans, étant le premier cadre d’action de ce type qui avait été conclu par Paris avec un des nouveaux Etats membres de l’UE. La seconde Feuille de Route du Partenariat a été signée et adoptée le 21 février 2013, à Paris, lors de la visite effectuée par le Premier ministre roumain, Victor Ponta.

Le document programmatique prévoit les orientations et les domaines majeurs d’action, la création d’un mécanisme de coopération et d’échange d’information, des activités de soutien dans le domaine d’absorbtion des fonds structurelles et de cohésion, la politique européenne de voisinage, l’Europe de défense, mais aussi l’approfondissement et la diversification de la coopération dans les domaines de la santé, culture, éducation, agriculture etc.

 

Au début du mois février, le président roumain, M.  Klaus  Iohannis, a fait une visite d’Etat à Paris à l’invitation de M. François Hollande, le Président de la République Française. Quelle est, à votre avis,  la signification de cette visite pour les relations bilatérales et pour le contexte régional et européen ?

 

Comme vous le savez déjà, c’est  la première visite du président Klaus Iohannis a l’étranger et c’est une visite avec un fort caractère de symbole. La relation avec la France constitue une priorité de la politique étrangère et européenne de la Roumanie et son approfondissement et enrichissement représentent des éléments constants dans l’action diplomatique de notre pays. Ensuite, la visite a eu lieu dans un moment très chargé sur le plan international, avec la nécessité – plus poussée que jamais – d’oeuvrer ensemble pour combattre le terrorisme et l’existence de développements dramatiques dans le cadre de la crise ukrainienne.

Lors des entretiens avec le Président Hollande, avec le Président du Sénat, Gérard Larcher, ainsi que le Président de l’Assemblée Nationale, Claude Bartolone, le Président Iohannis a soutenu l’importance de l’action commune pour permettre le plein épanouissement du potentiel de la coopération bilatérale au niveau économique, mais aussi culturel et de concertation sur les dossiers européens d’intérêt commun.

 

Quelle est la position de Roumanie dans le grand mouvement de la Francophonie? Pensez-vous que la Roumanie pourrait identifier et développer plus de moyens pour s’affirmer dans la Francophonie?

 

La Roumanie est aujourd’hui un acteur majeur dans la Francophonie. Nous sommes profondément impliqués à soutenir les valeurs et les projets francophones. La Roumanie est d’ailleurs membre à part entière de la Francophonie depuis 1993. Le sommet de la Francophonie de 2006 organisé à Bucarest a démontré l’intérêt de la Roumanie à promouvoir les valeurs francophones et à s’engager d’une manière active à son développement. Ce fut lors de ce Sommet que la Roumanie a pris l’engagement de mettre en place, dans le principe de solidarité qui régit la communauté francophone,  un programme de bourses intitulé “Eugen Ionescu” d’études doctorales et post-doctorales du Gouvernement roumain, qui permet aux doctorants et chercheurs des pays du Sud de parfaire leur spécialisation dans des centres d’excellence universitaire roumains. Entré dans son huitième année de vie, le programme est un véritable succès. Grâce à sa contribution constante au rayonnment de la Francophonie dans la région, la Roumanie a reçu en 2007 , le statut d’”Etat phare” de l’Europe Centrale et Orientale.

L’Europe Centrale et Orientale est devenu de plus en en plus visible sur la carte de la Francohonie institutionnelle, fait mis en évidence par la transformation de l’Antenne régionale de l’Organisation Internationale de la Francophonie en Bureau régional, situé à Bucarest, avec plus de capacités de gestion et la possibilité de mettre en place des programmes spéficiques de dimensions significatives.

 

Les  échanges commerciaux et la coopération économique entre  la Roumanie et la France se trouvent encore dans une dynamique moyenne par rapport aux échanges avec l’Allemagne ou Italie. Dans quels secteurs pensez-vous que les entreprises et les hommes d’affaires de deux pays peuvent travailler de plus ?

 

De plus en plus diversifiée, la coopération économique entre la Roumanie et la France a connu au fil des années un développement constant, renforcé par le Partenariat Stratégique. Des niveaux record des échanges économiques bilatéraux ont été enregistré même pendant la période du pic de la crise  (5,8 milliards Euro en 2010 et 6,5 milliards Euro en 2011).

Après un ralentissement passager en 2012 (-4,69%), les évolutions de 2013 et surtout ceux des premières 10 mois du 2014 confirment la tendance de renforcement des échanges bilatéraux (+6,24%), suite à l’essor des exportations roumaine (+7,71%). La balance commerciale a un solde positif pour la Roumanie (+185,42 millions Euro).

La France est le quatrième partenaire commercial de la Roumanie, avec un poids de 6,24% dans le commerce extérieur, soit 6,79% à l’exportation et 5,74% à l’importation. Les échanges bilatéraux sont concentrés au niveau de deux groupes de produits, à fort degré d’industrialisation (véhicules et équipements de transport et machines, appareils et équipement électriques, qui représentent 52% des exportations roumaine et 45% des importations).  Les résultats sont encouragéants, mais, en même temps, il ne faut pas baisser les bras pour autant, car le potentiel de développement de cette dimension de la relation bilatérale reste encore significatif. C’est aussi le rôle de la diplomatie de créer les cadres nécessaires pour le dialogue et pour les partenariats durables.

En 2014, on comptait  8007 des sociétés françaises en Roumanie,  ayant un capital investit de 2,425 milliards euro, ce qui place la France au 5ème rang parmi les investisseurs étrangers en Roumanie, après les Pays Bas, l’Autriche, l’Allemagne et Chypre, avec un poids de 6,45%. Cependant, la position d’investisseur que la France détient en Roumanie va au-delà des montants souscrits au capital social, car nombreux autres investissements sont mis en place lors des extensions des implantations initiaux, de rachats ou de création d’entreprises par les sociétés françaises déjà présentes dans les différentes branches de l’économie roumaine.

 

 

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