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La France encore et toujours aux côtés de la Roumanie … Interview avec Dana GRUIA DUFAUT, Avocat fondateur du Cabinet d’Avocats GRUIA DUFAUT, Conseiller Consulaire pour la Roumanie – Moldavie


Dana GRUIA DUFAUT est avocate inscrite aux Barreaux de Paris depuis 1987 et de Bucarest depuis 2002, avec une compétence affirmée dans le domaine des investissements et du droit international des affaires. Elle a travaillé à partir de 1991 sur la Roumanie, dans le domaine des privatisations, puis en aidant de nombreuses sociétés étrangères à s’implanter sur le marché roumain. Le Cabinet de Bucarest est reconnu pour le conseil octroyé aux investisseurs dans divers domaines, tels que fusions-acquisitions, droit des sociétés, droit immobilier, droit de la concurrence, marchés publics & PPP, droit du travail, droit fiscal, litiges et arbitrages commerciaux. Elle est également Ambassadeur honorifique de Repatriot à Paris, Administrateur de la CCIFER et Conseiller Consulaire élue par les français, pour la circonscription Roumanie-Moldavie.


 

En ce jour de fête nationale de la France, est-ce que la Roumanie reste un pays d’intérêt pour la France ?

Indubitablement…. rappelons quelques évènements majeurs à venir, où la France est très présente. Tout d’abord ce qu’on appelle la saison France-Roumanie qui s’ouvre officiellement au 1er décembre 2018 jour de la fête nationale roumaine et va aller jusqu’au 14 juillet 2019. En même temps au 1er décembre 2018 le Pays célèbrera le centenaire de la création de la Grande Roumanie et de la fin de la 1ère Guerre mondiale …Puis au 1er janvier 2019 la Roumanie prendra pour 6 mois, la Présidence du Conseil de l’Union Européenne. A chaque fois, lors de tous ces évènements, la France sera très présente aux cotés et pour la Roumanie. Encore et toujours …

La saison France-Roumanie a pour objectif de mieux faire connaître chacun des deux pays, l’un envers l’autre, mais également de renforcer les liens économiques, scientifiques et culturels … Ce programme stratégique commun mobilise des institutions diplomatiques, culturelles, scientifiques et économiques, dans le but d’encourager tous ces acteurs de passer à une vitesse supérieure et de mieux coopérer dans des projets transnationaux. La France reste attachée à un certain nombre de principes par rapport à la Roumanie, qui sont la coopération, la solidarité et le partenariat. Cette politique est invariable.

En ce qui concerne le milieu des affaires, la Roumanie garde son attractivité grâce à sa croissance économique et à la dimension du marché. Les sociétés françaises qui décident de s’y installer aujourd’hui arrivent dans le sillage des grands groupes français qui ont déjà une contribution importante à l’économie du pays.

Cependant, il ne faut pas être dupe. La décision d’une entreprise de s’installer dans un pays, ou bien de lancer un partenariat local est le résultat d’un screening pragmatique des données économiques et politiques du pays. Il n’y a rien d’émotionnel ou de culturel dans une telle décision, ce qui veut dire que la Roumanie, pour attirer plus d’investissements français, doit penser à une stratégie qui tient compte aussi des évolutions des autres pays voisins. Cela veut dire que la Roumanie doit faire mieux valoir ses atouts : sa main d’œuvre qualifiée et bien formée, sa fiscalité encore intéressante et la sympathie incontestable des roumains pour les Français. Mais, en même temps, la Roumanie doit résoudre certaines de ses faiblesses actuelles : l’infrastructure des transports, l’instabilité législative et non des moindres … la corruption.

Comment voyez-vous l’évolution du climat des affaires pour l’année à venir ?

Actuellement un des plus importants défis pour les investisseurs et les entreprises est lié aux effets que vont avoir toutes les modifications fiscales lancées à la fin de l’année 2017, mais également l’impact qu’aura sur l’économie la perpétuation de la crise de main d’œuvre qui existe actuellement dans certaines industries et régions du pays, la croissance de la productivité, la motivation des salariés, mais également l’augmentation des prix.

En principe on devrait voir une augmentation du volume des investissements en Roumanie, étant donné les projets publics qui ont été annoncés dans le domaine de la santé, de l’infrastructure, de la dotation des armées. Il faut aussi prendre en compte le fait que le pays dispose d’une enveloppe financière de fonds européens assez consistante, qui représente une source de développement et d’investissements mais qui doit être utilisée.

La Roumanie a été mise en garde à plusieurs reprises par Bruxelles par rapport à sa politique fiscale, ses dépenses publiques, voire même par rapport à certaines modifications de la législation. Comment ces avertissements peuvent-ils affecter le flux des investissements ?

Les prévisions, ainsi que les avertissements lancés par la Commission Européenne ne laissent personne indifférent, qu’il s’agisse des Etats membres ou bien du milieu des affaires. C’est une sorte de tableau de bord de chaque pays, qui illustre un état de fait.

Mais, il faut savoir que ces avertissements ne visent pas uniquement la Roumanie. La France, l’Allemagne ou d’autres économies développées de l’Union Européenne ont été elles aussi montrées de doigt souvent par Bruxelles dans divers dossiers: déficit public, politique de l’environnement, concurrence, marchés du travail, etc.

Ce qu’il faut retenir est que ces recommandations de Bruxelles sont toujours prises en compte par les investisseurs, surtout lorsqu’elles touchent aux problématiques qui sont intimement liées à la stabilité des investissements et aux perspectives de l’évolution économique.

Or, à ce point, la Roumanie doit s’investir plus pour mettre un terme à ses problèmes récurrents qui ont un impact négatif majeur sur le déroulement des affaires ; l’instabilité législative et l’absence de prédictibilité de ses politiques fiscales et économiques.

Vous-même avez été il y a quelques années un investisseur étranger en Roumanie. Comment évaluez-vous l’évolution du pays et quelles sont, selon vous, les chances que le pays rattrape les décalages par rapport aux autres économies plus développées de l’UE ?

La Roumanie que j’ai connue il y a 28 ans n’a rien à voir avec ce qu’on peut voir autour de soi aujourd’hui. C’est un parcours extraordinaire qui a été fait, dans une période de temps assez courte à l’échelle de l’histoire. En moins de 30 ans, la Roumanie a réussi à reconstruire, en dépit d’allers-retours inhérents, une économie de marché fonctionnelle, a mis en place un système financier moderne et des institutions compatibles au fonctionnement de l’UE. Cela prouve une force de récupération immense de la part d’un peuple extrêmement doué et qui a une vocation européenne indéniable.

On ne peut pas prévoir l’avenir, mais en tenant compte de tout ce que la Roumanie a réussi à construire le long de son histoire chaque fois qu’elle a canalisée ses énergies autour d’un grand projet de pays – que ce soit l’indépendance, le projet de la Grande Roumanie ou l’adhésion a l’OTAN et l’UE – on peut aisément affirmer qu’elle a toutes les ressources pour rattraper ces décalages. Pour pouvoir … il faut vouloir … Ensuite tout peut aller très vite.

Actuellement, il est vrai que le pays se trouve devant un nouveau tournant de son évolution et que le défi c’est de trouver sa voie pour répondre au nouveau modèle économique mondial basé sur l’innovation et le développement technologique. Ce ne sont pas juste des mots, car la Roumanie a toutes les ressources pour engager cette transition dans les meilleures conditions. Les Roumains ont déjà prouvé leur penchant vers l’innovation au cours de leur histoire et, pour cela, il suffit d’évoquer le moteur à réaction crée par Henri Coanda ou les locomotives de Nicolae Malaxa ou bien le nouveau grand projet du laser de Magurele, sans parler de Bitdefender produit roumain de renommé mondiale.

S’affirmer comme un pôle technologique de développement dans l’Europe Centrale et de l’Est peut être le prochain grand projet du pays auquel doit œuvrer l’actuelle classe dirigeante. Dans ce projet aussi, la France pourrait être aux côtés de la Roumanie, tout comme dans les grands moments de son histoire.

Qu’aimeriez-vous que la Roumanie importe de France ?

Un certain dynamisme industriel très présent en France soutenu par l’innovation et la recherche et qui est exporté avec un grand succès en dehors des frontières du pays. Mais également, j’aimerai que la Roumanie importe de France, ses jeunes … Ces jeunes roumains qui sont partis il y a quelques années faire des études et qui ne sont pas revenus depuis. Le pays a besoin d’eux, car ils vont pouvoir reconstruire la Roumanie à l’image de ce qu’ont fait leurs ancêtres en 1848, lorsqu’avec l’aide de la France ils ont mis les bases de la Roumanie actuelle.

Et puisque nous fêtons aujourd’hui en Roumanie à l’Ambassade de France le 14 juillet, moment de la prise de la Bastille et de la naissance il y a plus de 200 ans de cette République dont les valeurs de « liberté, égalité, fraternité » sont inscrites partout, j’aimerai que les roumains puissent eux aussi prendre en mains leur destin et faire leurs ces valeurs intangibles de la démocratie.

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