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September 15, 2019
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La Roumanie reste une terre d’opportunités et un réservoir de ressources pour les investisseurs. Dana Gruia Dufaut, Avocat Fondateur du Cabinet Gruia Dufaut

La saison croisée France – Roumanie, le programme de redécouverte des deux pays par les acteurs culturels, économiques et institutionnels des deux pays, qui a été inauguré au mois de novembre dernier à Paris va finir bientôt, ici en Roumanie, la 14 juillet. A-t-elle atteint son objectif ? Est-ce que les entreprises françaises peuvent encore voir des avantages en Roumanie pour y investir ?

 

La saison France – Roumanie a eu pour objectif d’encourager tous ces acteurs que vous évoquez de passer à une vitesse supérieure et de mieux coopérer dans des projets transnationaux. On peut déjà parler du succès de cette saison. En France, on a redécouvert la Roumanie sous l’angle de la modernité et de la créativité. Déjà les bonnes nouvelles ont surpassé, dans la presse, les nouvelles traitant de certains problèmes sociaux… J’espère aussi que sur le plan économique il y aura un retour important dans un proche avenir.

La Roumanie connait depuis quelques années une croissance économique des plus vertigineuses dans l’UE, elle est aussi une destination pour de nombreuses entreprises activant dans le domaine technologique ou de l’industrie automobile, grâce à ses avantages compétitifs: les talents, la dimension du marché, les opportunités locales, la fiscalité encore attractive par rapport à la France.

Dans une certaine mesure, je dirais que les investisseurs peuvent profiter aussi d’une certaine capacité des roumains à s’adapter aux divers modèles de management et de business étrangers. Cela fait qu’un investisseur français qui arrive en Roumanie avec un projet sérieux peut commencer à travailler dès le lendemain car, en dépit d’une certaine pénurie de la main d’œuvre, il y trouvera une infrastructure humaine, économique et législative compatible avec ses besoins. A condition, bien sûr, de bien dimensionner son projet, de bien travailler en amont en étudiant le marché et en pesant les pour et les contre.

Sur le plan juridique, la Roumanie fait des efforts pour offrir des conditions avantageuses d’investissements, basées surtout sur des facilités fiscales octroyées dans certains domaines économiques et pour certaines régions du pays. C’est une démarche importante, sans doute, mais elle devrait être assortie d’une stabilité législative et d’une prédictibilité fiscale accrues.

  

Compte tenu de votre expérience d’avocat spécialisé en droit des affaires, quels sont les défis plus importants auxquels sont confrontés les investisseurs ?

 

Je travaille en Roumanie depuis 1991 en assistant les investisseurs désireux de s’installer sur ce marché et je peux vous dire que les défis présents sont infiniment moins nombreux que ce qu’on a connus par le passé. La transformation du pays depuis a été très importante. Pourtant, outre les défis d’ordre législatif que je viens d’évoquer qui ne sont pas des moindres et qui datent depuis des années et des années, je citerais la bureaucratie administrative, la corruption et l’absence d’infrastructures.

Sur le plan législatif, la Roumanie a mis au point une législation parfaitement compatible avec les règles européennes, mais on ne peut pas ne pas constater une certaine rigidité en matière de règlementation du droit du travail et d’autres règlementations qui impactent surtout l’activité des PME. Les petits et moyens entrepreneurs – car c’est à ce niveau qu’ont ressent le mieux les effets des politiques économiques – sont encore suffoqués par la quantité de registres à tenir, de déclarations à faire, d’avis à obtenir. Cela leur laisse trop peu d’espace pour innover et, ainsi, pour générer des emplois et du capital.

Un défi aussi important en termes d’emploi est la main d’œuvre. La Roumanie ne manque pas de talents et de potentiel, mais ses spécialistes quittent massivement le pays, parce que l’offre globale de l’Occident en termes de qualité de vie et de perspectives sur le court terme est encore plus attractive.

Ces défis sont importants, mais le succès dans les affaires dépend de son aptitude à prévoir l’avenir et à trouver les bonnes solutions. La Roumanie reste une terre d’opportunités et un réservoir de ressources pour les investisseurs.

 

Comment le cabinet d’avocats de Bucarest assiste-t-il la communauté des investisseurs en Roumanie ?

 

Depuis 1991, lorsque j’ai installé la première grande société en Roumanie, j’ai essayé de développer ici le « modèle français des cabinets d’avocats », animé par une double culture juridique franco-roumaine et des hautes valeurs éthiques et professionnelles.

En disposant du savoir-faire nécessaire pour aider les entreprises françaises qui investissent en Roumanie, quel que soit le secteur économique auquel elles appartiennent ou leur taille, nous proposons des services de conseil juridique en amont, avant l’implantation proprement dite, ainsi que toute la gamme de services nécessaires à tous les types de sociétés.

Ensuite, la plupart des entreprises françaises que nous avons installées en Roumanie sont restées nos clients depuis de nombreuses années. Je pense qu’elles apprécient particulièrement notre longue expérience sur le marché et le fait que nous parlons leur langue.

  

En votre qualité de conseiller consulaire, quel  message voulez-vous transmettre aux français de Roumanie?

 

Je voudrais leur transmettre que la Roumanie est un pays ami, dont l’histoire moderne et contemporaine est liée, dans tous ses moments importants, à celle de la France.

Ces liens particuliers, qui se sont exprimés encore une fois lors de la saison croisée France-Roumanie, sont valorisés tous les jours par de nombreux projets franco-roumains.

Si les roumains voient dans la France un modèle de développement, c’est grâce au peuple français. Si les français sont si bien accueillis en Roumanie, ce pays francophone situé à deux heures et demie de Paris, c’est grâce aux roumains qui préservent un profond attachement à la France.

Dans mon activité en tant qu’avocate, de conseiller consulaire ou encore de membre de la direction de la CCI Française en Roumanie j’ai rencontré beaucoup de français qui y viennent pour travailler et qui ont décidé d’y rester parce qu’ils s’y sentent bien, comme chez eux.

Comme disait Nicolae Titulescu, « en ce qui concerne la Roumanie et la France, il est difficile de séparer le cœur de la raison ».

Tout ce que les roumains et les français ont construit ensemble dans le passé, est la garantie d’un avenir de réussites communes.

 

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